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 you know i'm no good, erika.

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membre □ Suddenly, staring at nothing, I see it. All is gradual.


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Date d'arrivée : 26/09/2017

MessageSujet: you know i'm no good, erika.   Mer 27 Sep - 11:34

Il est resté à l'écart du monde, Edgar, comme à chaque fois. Tout au long de la soirée, il a eu son verre greffé à la main et sa sale mine qui ne donne pas envie de faire la discussion. Seule une femme s'est hasardée à venir lui faire le sortir de sa solitude et le charme qu'elle dégageait a fonctionné suffisamment pour le détacher de sa chaise et le faire danser au milieu des autres. En fond sonore, la voix d'Erika pour le guider dans ses gestes maîtrisés. Parce que la danse n'est rien de plus que la suite logique de la musique et qu'à ce jeu là, Edgar est un passionné qui ne s'assume pas. Pourtant, tout le monde a vu, ses gestes contrôlés, la sensualité que dégageait son corps et la beauté qui s'échappait de la scène. La créature a tenté de le convaincre, de l'accompagner jusqu'aux toilettes pour assouvir le besoin bestial de chair. L'homme n'a fait que lui répondre par un rire pour repousser le plus loin possible l'échéance, le moment où celle-ci viendrait à le détester pour ne pas la désirer suffisamment. Ses lèvres se sont celées aux siennes dans un baiser capable d'embraser n'importe qui jusqu'à ce que la beauté se lasse d'un Edgar trop sérieux et s'évapore de ses bras pour d'autres, plus érotiques, plus enclin à un sexe facile. C'est à ce moment qu'il s'est décidé à quitter le bar pour se retrouver sur le trottoir gelé par la nuit. Son corps s'est écroulé au sol, la nausée le prenant violemment au plus profond de ses tripes.

Ce n'est pas à cause de l'alcool s'il s'est retrouvé là, à vomir toute son âme mais à cause de la déception. L'alcool, elle a lui a déjà fait du mal par le passé mais plus maintenant. Non maintenant, c'est une vieille amie violente auquel son organisme s'est habitué. L'esprit embrumé, il est encore trop fier pour ne plus nier et accepter la vérité. La vérité, celle qui lui dit qu'il aurait aimé être cet homme là, le pantalon en dessous des fesses à offrir de violents coups de reins à celle à qui il avait offert sa plus belle danse durant la soirée. S'il avait vu le visage de l'autre mâle, peut-être pourrait-il se venger, lui balancer son poing dans la figure mais à la place de ça, le voilà qui se remet à vomir. Vomir, pour évacuer sa frustration, vomir, pour écouter son corps souffrir. Et alors que son thorax lui fait un mal de chien, qu'il n'a plus rien pour se vider, Edgar a les paupières lourdes. Sa vue se floute jusqu'à ce qu'il lâche prise.

Et lorsqu'il revient enfin à la réalité, il ne sait même pas combien de temps il est resté là, couché dans un caniveau sous le regard exaspéré des passants. Sa carcasse se redresse douloureusement alors qu'un frisson le traverse. Il a froid, terriblement froid et retourne sur ses pas, dans le bar à moitié vide où le barman essuie ses verres un à un, le regard sérieux. Ma veste. Qu'il marmonne, alors que des types le dévisagent. Faut dire qu'il a la tête de ces fauteurs de troubles qui pourraient venir juste pour déclencher une bagarre. Et alors qu'il récupère ses affaires que personne ne lui a volées, Edgar tourne la tête et remarque Erika à une table, accompagnée de son groupe. La bête s'y avance d'un pas nonchalant, la migraine lui faisant mal aux tempes. Sa main se pose délicatement dans le dos de la gamine tandis que sa bouche lui offre un baiser sur le haut du crâne. Merci pour ce soir. Qu'il lui murmure doucement, d'une voix basse, pour ne pas imposer sa présence. Edgar offre aussi un signe de tête au reste du groupe avant de s'éloigner, de tourner le dos à la môme pour traverser la lumière tamisée du bar tel un vieux spectre fatigué. La voix d'Erika résonne encore dans sa tête, cassée, parfois maladroite mais aussi pleine de poésie. Elle le fait planer dans sa rêverie mélancolique. Sa veste calée sur son épaule, le silence placardé dans son cœur, il est prêt à se volatiliser, à partir tel un voleur qui ne se sentirait pas à sa place au milieu de cette table trop bruyante.
C'est d'Erika qu'il a besoin, pas des autres.
Erika, pour lui seul, dans un tête à tête qu'il ferait mine de ne pas vouloir.

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MessageSujet: Re: you know i'm no good, erika.   Mer 27 Sep - 11:38

Sur scène, tu te laisses complètement enivrer par la musique. Ta voix porte les mélodies que vous connaissez par cœur. Une énième reprise des Rolling Stones, qui demeure réellement votre groupe préféré. Tu t’abandonnes à pousser ta voix un peu plus fort, un peu plus intensément, entre deux notes de guitare pour accompagné ton guitariste. Ici, seulement une bande d’amis de toujours, bercé par leur propre musique, leur propre maîtrise de la chose. Tous rassemblés par une même passion. C’est ce qui vous relie, depuis toujours. Ça et une indéfectible amitié. Qui semble traverser les épreuves et les années. Malgré vos vies parfois chaotiques, vos chemins tortueux, vous restez soudés. Vous restez tous ensembles. Pour faire les cons, vous évader, refaire le monde ou encore, comme ce soir, offrir à ceux que vous connaissez, ou non, un brin de voyage par votre musique. Voyage dans le temps et les débuts d’un rock dont vous ne vous lassez pas. Le genre de morceau que tu écoutes bien trop fort dans l’habitacle de ta voiture, en conduisant trop vite, une clope entre les lèvres. Vivre dangereusement.
A force de chanter, de t’emballer sur scène, de faire porter ta voix plus grave que d’ordinaire et parfois pourtant si puissante. Déjà rongée par la clope, mais encore pleine de potentiel. Tu  en as retiré ta chemise de bucheron, pour ne dévoiler qu’un débardeur sombre et une multitude de colliers, de bijoux fantaisie en tout genre. Ton style bien à part. Ton style que tu force un peu plus sur scène. Plus rock, moins large et décontracté. Et pourtant, on te reconnaîtrait entre mille. Fidèle à toi même en toutes circonstances.

L’euphorie retombe, déjà la dernière chanson terminée. Tu salues la foule, avec le reste de ton groupe. Tu t’inclines, sous les applaudissements, la sueur perlant à ton front. Tu souris, un peu bêtement, certainement. Trop heureuse des sensations grisantes qui t’envahissent et plus largement, du succès d’une énième soirée de concert. Tu remercies le public, remercie ton groupe et tous ensembles, vous quittez la scène, encore échauffé de l’effort. Tu te fais de l’air de tes mains alors que déjà, vous rejoignez une table où une bouteille de tequila offerte par le bar vous attend. Tu passes machinalement une main dans tes cheveux légèrement humides, alors que tu cales ta chemise sur le dossier de ta chaise avant de prendre place. Le premier shooter est avalé rapidement, après un toast bien mérité pour fêter la soirée. Les rires sont de mises, les conneries s’échangent et la bonne humeur règne en maîtresse de soirée. Pourtant, ton euphorie est légèrement perturbée par une présence qui s’approche de toi et dépose un baiser sur tes cheveux. Tu n’as même pas besoin de lever les yeux que tu reconnais la voix d’Edgar qui déjà, s’éloigne avant même que tu aies pu répondre. Tu en restes bouche bée un instant, fronçant ensuite les sourcils. « J’reviens » Mais aucun de tes amis ne s’offusquent. Ils savent à quel point tu connais tout le monde. À quel point tu peux t’attacher à certains, comme Edgar. Et plus largement, à quel point tu es un électron libre.

Alors, sans même prendre la peine de récupérer ta chemise ou encore ta veste, laissé au vestiaire, tu t’élance à la suite d’Edgar pour déjà le rattraper dehors. « Hé Ed’ attend ! » Ta main se pose sur son avant bras pour lui faire stopper sa course. Il fini par s’immobiliser pour se retourner alors que tu te glisses devant lui pour ensuite le prendre dans tes bras et l’enlacer. « Merci d’être venu » Lâches-tu en calant ta tête contre son épaule quelques secondes pour ensuite te reculer. « J’t’ai même vu danser, j’pensais pas que t’étais aussi bon danseur, tu m’impressionne » Renchéris-tu avec un large sourire sur le visage, en venant donné un petit coup de poing léger et amical sur son épaule, un peu plus espiègle. Tu as le regard brillant. Brillant de fierté qu’il ait apprécié ta performance. Qu’il soit venu. Oui, ce vieux grincheux, que tu apprécies tant. « J’te retiens le temps d’une clope ? Ou tu dois filer ? ».

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MessageSujet: Re: you know i'm no good, erika.   Mer 27 Sep - 15:03

Il se dit pas un seul instant qu'elle va venir, s'attarder à perdre son temps avec lui. Il se dit rien parce qu'il a l'esprit vide, l'interrupteur de sa tête est éteint et son corps progresse dans l'obscurité sans essayer de se racheter sur son manque de politesse. La porte du bar s'ouvre et se ferme dans le son d'une cloche qui lui file mal à la tête, qui le ferait presque sursauter tant il déteste ce son là. Peut-être que le proprio l'a mise là pour réveiller les éméchés à leur sortie et les empêcher de se faire écraser sur la route. Sa main se perd dans la poche de son pantalon à la recherche des clés de son 4x4 lorsque la voix d'Erika traverse l'air frais. Sa tête se tourne instinctivement vers elle puis son corps tout entier pivote. Il la laisse, s'approcher, se caler contre lui le temps d'une accolade. Un peu crispé, Edgar fait tout de même l'effort de passer ses bras dans son dos et ses yeux se ferment pour profiter du contact. Il avait besoin de ce petit geste là après sa déception et sa soirée trop arrosée. Il avait seulement besoin de son regard, de sa présence solaire. Il a la sensation que tout gravite autour d'Erika, que tout le monde autour de lui a besoin d'elle mais pas le contraire. Lui le premier, il est là, comme un con, à profiter du peu qu'elle peut lui donner, à grignoter sa présence et ses gestes d'affection en silence. La lune les fixe dans leur maladroit rapprochement alors qu'Edgar se recule d'un pas. T'as encore tout un tas de choses à apprendre sur moi. Il lui adresse un sourire, sympathique, un brin fatigué mais toujours bien présent malgré tout.

Il hausse les épaules à sa demande et passe une main dans sa tignasse décoiffée, qui aurait bien besoin d'un passage chez le coiffeur. Non, ça va, t'embêtes pas. Tu ferais mieux de retourner avec tes amis, j'te retiens pas plus longtemps. Edgar la fixe un moment, coincé entre l'envie de rester ou de partir, toujours flottant au milieu de cet entre deux qui lui refile si souvent des vertiges. Son regard plonge par terre où il peut apercevoir au loin la flaque de déception qu'il a vomi sans une once de retenue. La déception lui revient aux tripes alors qu'il fronce finalement les sourcils. Puis merde. Sa main retourne dans ses poches pour se sortir une clope et s'en griller une, avec elle. Ensuite, il repartira chez lui, grimpera dans son 4x4 et ira retrouver Beethoven. Beethoven mais aussi sa solitude chronique, celle qu'il se coltine depuis toujours mais qui s'est intensifiée durant les dernières années. Il a déjà pensé, Edgar, à pouvoir se sortir de cette passe là, trouver une fille assez bien pour pouvoir tenter quelque chose de nouveau. Mais les filles, elles se laissent attirer par les garçons peu bavards comme lui, persuadées de pouvoir les sauver puis au fil du temps, elles se rendent compte qu'elles  ne pourront rien pour lui et partent. Elles ont raison. Il ferait pareil. Edgar tire une longue taffe sur sa clope et se tourne vers Erika, toujours un peu trop silencieux et froid à côté d'elle.

Tu leur as encore tous fait tourner la tête ce soir. Il rit un peu parce qu'il sait que la musique rend toujours tout plus beau. Et Erika, au milieu de la foule, des vapeurs d'alcool et de désir était la sirène de ses hommes. Son chant lui traverserait pas encore la tête sinon. Elle était le centre d'attention, la créature magnifique que l'on voudrait capturer pour qu'elle continue à nous enivrer encore un peu. Mais Edgar, lui, n'est pas du genre à sortir son plus beau filet pour attraper les sirènes. Il préfère se crever les tympans pour ne plus entendre ses désirs lui murmurer ses vices à l'oreille. Son regard se perd sur les lumières d'en face et les quelques passants encore debout traversant la rue, insouciants, amoureux parfois. Tout le contraire de ce qu'il dégage lui.

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MessageSujet: Re: you know i'm no good, erika.   Mer 4 Oct - 18:23

Il sourit Ed. Il sourit et pour toi, c’est comme une première barrière qui disparaît. Ses rires, ses sourires. Toute cette joie que tu peux lui communiquer, faire naître chez lui. C’est comme une victoire. Parce que toi, tu es comme ça, à toujours vouloir pousser les gens vers le meilleur. D’une joie de vivre contagieuse. Certainement trop insouciante, mais qui profite de chaque instant. Alors Ed aussi fait partie de ceux à qui tu veux offrir un peu de ton monde de bonheur. Loin des conventions, loin des mœurs et pourtant proche de la finalité de vie. Tu as rapidement compris, en grandissant, que pour toi le bonheur ne serait pas dans l’argent, dans la réussite professionnelle ou la bonne santé, mais bel et bien dans toutes les expériences que tu pourrais faire. Les rencontres, les moments anodins, légers, comme plus fort. Et ce soir ne fait pas exception. La sensation grisante de la scène, la proximité de tes amis, et maintenant la présence d’Edgar. Tout s’additionne dans un mélange agréable, qui ne fait que renforcer ta légendaire bonne humeur. « Faut croire oué, mais j’demande que ça » Lâches-tu en venant caler tes mains dans tes poches, un instant, un sourire amusé sur le visage. Les prunelles fascinées par cet homme qui semble plein de surprise. Et toi, curieuse des êtres, qui ne demande qu’à tout apprendre. Qu’à tout découvrir.

Tu fais complètement abstraction de son air un peu maussade, en cette fin de soirée. Tu ne sais pas réellement pourquoi, ni même si c’est important mais ce qui est sur, c’est que tu veux étendre un peu l’instant. Le voir sourire, un peu plus. Un peu plus longtemps. Profiter de l’insouciance d’une bonne soirée, pour toi comme pour lui, tu l’espères. « Non mais… » Mais tu n’as pas le temps de répliquer que déjà, il sort une clope et tu affiches un air triomphant, lui en empruntant rapidement une, ayant laissé toutes tes affaires dans le bar. Les fumées s’entremêlent alors que tu expires la première bouffée, dans un soupir d’aise. « Tu croyais quand même pas que j’allais te laisser te barrer comme un voleur ? » Question rhétorique, alors que tu lui souris de plus belle, passant une main dans tes cheveux avant de tirer une nouvelle bouffé de ta clope. Un bref silence s’installe, alors que tu observes la nuit, les éclairages urbains. Un léger frisson te parcourt, étant sorti en vitesse sans ta veste. Le froid vient cueillir ta peau alors que tu rentres légèrement les épaules, tirant de nouveau sur ta cigarette pour te réchauffer. C’est là qu’Ed s’adresse de nouveau à toi. Tu as un léger rire, avant de sourire, regardant le sol, jouant avec un caillou de ton pied, un brin gêné, toujours, des compliments. Tu relèves finalement la tête pour regarder la nuit. « Tu crois ? Fin’ j’fais pas trop gaffe, j’suis tellement focus dans les chansons quand j’suis sure scène » Dis-tu en haussant les épaules, avant de tourner le regard vers lui. Ce qui est vrai. Lorsque tu t’emportes, au rythme de la musique, tu ne fais plus attention à grand chose, à part la transe qui t’habite. Tu te laisses porter par l’inspiration, par le rythme, par toutes les sensations agréables qui te submergent. Tu as toujours été comme ça, vivant au gré de tes passions, de tes sentiments et envies.

« Ça va toi sinon ? J’sais pas tu tires une drôle de tronche » Oses-tu demander, fronçant un peu les sourcils en observant les traits tirés de son visage. Comme s’il quelque chose ne va pas. Semblant préoccupé, ou peut être simplement ailleurs. « Non parce que j’préfère te voir rire et sourire tu vois, t’es bien plus beau » Déclares-tu en haussant les épaules. Sans filtres. Jamais. Tu dis ce que tu penses. Tu ne te soucies pas réellement des conséquences. Un peu, parfois, mais là, pas du tout. Qu’importe. C’est la vérité, Edgar, il a quelque chose, dans le regard. Il a trop de peine, dans la carrure. Un poids sur les épaules et pourtant, une étincelle au fond du regard. Un brasier agonisant qui ne demande qu’à s’enflammer de nouveau. Tu le sais, tu en es sur. Tu peux le sentir au fond de tes tripes. Surtout depuis l’autre jour, chez lui, dans cette cabane perdue au milieu de rien. Où vous ne valiez certainement pas mieux que deux alcooliques. Mais deux alcooliques heureux.

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